La chercheuse Sarah Baatout rejoint la station Princesse Elisabeth

Et si on se rapprochait un peu plus de Mars en posant éprouvettes et microscopes à bord de la station polaire Princesse Elisabeth ? C’est le pari de Sarah Baatout, chercheuse au SCK•CEN, qui s’immerge pendant 1 mois dans des conditions extrêmes de confinement pour parvenir à mieux décrypter le comportement de notre système immunitaire dans l’espace. Des données essentielles pour des avancées tant spatiales que médicales. 


 

Maman de deux enfants, patineuse hors pair, professeur d’université et radiobiologiste au SCK•CEN, Sarah Baatout s’apprête à réaliser un rêve: rejoindre la station polaire Princesse Elisabeth pour y poursuivre ses recherches. Sélectionnée aux côtés d’une vingtaine de scientifiques belges et internationaux, elle s’envolera pour un long périple le 16 décembre prochain. Le compte-à-rebours est lancé et après toutes les préparations scientifiques, physiques et psychologiques, Sarah s’apprête à consacrer ses derniers jours à sa famille belgo-anglaise.

Chef de l’unité de Radiobiologie du SCK•CEN, Sarah étudie depuis de nombreuses années l’impact des conditions extrêmes (confinement, stress, isolement, …) sur le système immunitaire humain. Ces recherches permettent de mieux comprendre le fonctionnement du corps d’un astronaute dans l’espace et de mettre au point des applications capables, un jour, de le faire voler vers Mars. 

                  

La station polaire, simulateur d’Espace

Au cours de cette mission d’un mois, Sarah Baatout effectuera des recherches sur l’impact des conditions de vie extrêmes sur le corps humain. En lieu et place des astronautes, la radiobiologiste suit cette fois l’équipage de la station. Avant, pendant et après leur séjour en Antarctique, elle prélève plusieurs types d’échantillons tel que le sang. Les échantillons prélevés sont analysés à la station et dans les laboratoires du SCK•CEN. Les analyses donneront des informations précieuses sur, entre autres, le niveau de stress des volontaires et l’effet de cet environnement particulier sur leur système immunitaire. Sarah testera également sur place toute une série de médicaments qu’emportent les astronautes durant leurs missions spatiales afin d’analyser notamment leur stabilité et leur résistance au rayonnement.

La chercheuse étudiera aussi les propriétés de la spiruline dans des conditions extrêmes. Cette algue verte déjà utilisée comme complément alimentaire pour les astronautes, pourrait avoir un effet bénéfique sur la flore intestinale mise à mal par le stress. 

Toutes ces recherches qui rendent possible les vols habités dans l’espace contribuent aussi à faire avancer la médecine. Exemple avec la protonthérapie, née entre autres de la recherche spatiale. Aujourd’hui, la mission permettra de mettre au point la trousse médicale de l’astronaute de demain.

Le Centre de Recherche de Mol participe également à des recherches prometteuses pour lutter contre le sida et le cancer. Dans l’espace, le corps humain n’est plus soumis à la gravité, le sang circule différemment dans l’organisme se concentrant dans le haut du corps. Captant la présence en abondance de sang au niveau de la carotide, l’organisme produit naturellement moins de globules blancs et rouges. Le corps est dit immuno-déprimé. En simulant ces conditions d’apesanteur sur terre, Sarah Baatout participe à plusieurs études destinées à améliorer les traitements radiothérapeutiques. Tous ces projets sont soutenus par entre-autre Belspo.

Pour cette chercheuse insatiable multipliant les projets éducatifs, partager son aventure avec les jeunes était une évidence. «J’ai réussi à obtenir une heure de connexion internet par jour.», s’enthousiasme Sarah Baatout, chef de l’unité de Radiobiologie du SCK•CEN. «Je profiterai de ce temps pour expliquer ma mission à des classes de primaire et secondaire via vidéoconférence. J’espère transmettre ma passion pour les sciences et faire naître des vocations !»

Une station unique au monde

Depuis 2004, la Station Princesse Elisabeth fait figure d’ovni dans le monde des stations polaires. Son architecture hors du commun, capable de résister aux conditions météorologiques extrêmes de l’Antarctique, est, aujourd’hui encore, unique au monde. Derrière cette prouesse technologique, on retrouve un autre centre de recherche belge : l’Institut von Karman de Dynamique des Fluides, situé à Rhode-Saint-Genèse. Ses chercheurs ont multiplié les tests et les maquettes pour peaufiner le design de cette première station de recherche « zéro émission » en Antarctique. Des essais en soufflerie ont permis une évaluation efficace du confort et de la résistance par rapport à la neige et au vent (pouvant souffler jusque 250km/h) pour différents concepts architecturaux de la base et de son intégration sur la crête rocheuse.

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